ÉPISODE 6: L’AMOUR EN SILICONE

Avec toutes mes copines qui sont en couple et qui, soit dit en passant, ne me poussent absolument pas à trouver l’amour, je dois avouer que passer mes soirées avec un verre à la main commence à me taper sérieusement sur le système. C’est donc pleine de bonne volonté que j’ai décidé de m’offrir mon premier plan cul. Après avoir longuement réfléchi, j’ai pris mon courage à deux mains et me voici à la recherche du chevalier baisant parfait. Pendant que Julie roucoule sous les fleurs de son copain, moi j’écume les bars et les applications virtuelles à la recherche de ce pénis parfait.

« Hors de question que quelqu’un que je ne connais mette quoique ce soit en moi ! »

C’est ce que j’avais l’habitude de dire lorsque quelqu’un me parlait de plan cul. Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et puis, soyons honnête, je commence à avoir des besoins que je dois assouvir. Bref, c’est sur Tinder que je trouve le parfait Don Juan. Brun, yeux marron, mal rasé… Le genre de gars à qui je n’aurai rien à dire. On parle via nos écrans et je rentre vite dans le vif du sujet en lui proposant de venir boire un verre chez moi le soir même. Il accepte. Je commence par être contente avant de me poser un milliard de questions. Les codes du plan cul me sont inconnus. Après un appel à Julie qui s’est avéré inutile, c’est grâce à Sex & the City que j’apprend. Je file me faire épiler, je réfléchis au choix des sous-vêtements, de la robe, des talons. Aurélia me fera un brushing. C’est quand même beaucoup d’organisation pour un plan cul. Ce jeudi, je suis parti du bureau plus tôt que prévu en y laissant mon manteau. J’en ai profité pour faire un peu les magasins. Une paire d’escarpins sublime me drague depuis quelques jours à travers sa vitrine et je pense répondre à ses avances. Ces deux heures passées en ville à faire la belle dans ma robe légère ont suffi à me coller une crève phénoménale.

« Je ne peux pas être malade. Ce soir, je m’envoie en l’air ! »

Mon pharmacien a beaucoup ri en m’entendant dire ça. Mais c’était vrai ! Je rentre chez moi armée de mouchoirs, de paracétamole, de sirop pour la toux, de spray nasal et de cette superbe paire d’escarpins. Aucun autre choix ne s’offre à moi. Je dois décommander Don Juan. Ce que je fais par texto. Il me répond un simple ‘Ok’. Ces deux lettres suffisent à me remettre à ma place de fille par très à l’aise avec le sexe jetable. Je suis sur mon canapé. Mon téléphone sonne. C’est Julie qui me prévient qu’elle va au restaurant avec son mec et qu’elle dort chez lui. Elle entend à ma voix que je suis malade. « Ça va aller bébé ? » me demande-t-elle. « Oui, oui ! » je lui répond avant de raccrocher. Je bois une tisane, m’enfile plein de médocs’ et me dirige vers mon lit. J’ouvre une boite cachée sous mon lit. Je prend un de mes pénis en silicone et décide que malgré la fièvre, je grimperai au rideau.