INTERVIEW ÉLECTRONIQUE: AMEVICIOUS

Nico ou Amevicious oscille entre platines et studio. La dame Noir Records a fait son éducation. Une fois son casque sur les oreilles, il envoie des vibes atmosphériques, un peu dark, en « brutalisant » son public avec amour. Ses nappes électroniques nous mettent en trans. Amevicious travaille sur de nouveaux projets. Il laisse ses influences s’exprimer et veut nous emmener sur une côte Ouest qu’il aime à fantasmer. Ce garçon discret nous ouvre les portes de son studio… Welcome !

John Noa: Hello Nico, tu faisais quoi là ?
Amevicious: Salut John ! J’étais en train de bosser avec Sara Zinger. On cherche des basslines New Wave pour un side project en commun.

J.N: C’est top ! On en y reviendra après. Tu peux m’expliquer ce que signifie Amevicious ?
A: Plus jeune, j’étais fan des Sex Pistols et plus particulièrement de Sid Vicious, le bassiste. Et le jeu de mot « Amevicious » ou « I’m vicious », c’est un clin d’oeil à l’état d’esprit d’un dj. Un dj tient entre ses mains le mood de son public et il peut les « brutaliser » à tout moment, revenir à des sons plus smooth, repartir… C’est ce que j’aime faire… Amener les gens avec moi grâce à la musique !

J.N: Tu bosses avec le label La dame Noir Records. Tu peux nous en parler ?
A: Yes ! J’ai rencontré Hugo Jurado, puis Phred Noir & Relatif Yann (les fondateurs de la Dame noir, ndlr) en 2007. À l’époque, ils s’appelaient « Non é Possibilé » et battaient déjà bien le fer à Marseille avec Paul et Did du label Virgo Music dans leur club le ‘Hush Hush’. Cette période fut d’ailleurs un moment clé dans mon histoire d’amour avec la musique électronique et le dark disco et… la vodka ! Et plus tard, alors que le bar ‘La dame Noir’ et le club ‘Dancing’ était ouvert depuis peu, j’ai fais écouter à Did une de mes prods pendant un dîner. Il m’a tout de suite filé plein de conseils, et par la suite m’a invité à bosser avec lui sur deux maxis dont un featuring avec sa chanteuse Johanna et décide de m’accompagner jusqu’à la sortie de mon premier Ep sur La dame Noir Records, ‘The Fall’, ainsi que deux titres sur leur compil dont le morceaux « You can Play » avec Alta. Après la sortie de mon Ep en 2015, Phred me propose de produire avec lui les titres et remix sous le nom ‘La dame Noir’ avec notre cosmic voice, Mounissa. Et là, pour nous s’enchaînent beaucoup d’heures de home-studio et de temps passé ensemble devant des machines comme derrière des platines. L’apothéose de cette histoire, c’est une tournée en Asie qui a eu lieu en décembre 2015 et janvier 2016.

J.N: Tu travailles sur quoi en ce moment ?
A: Je bosse depuis la rentrée sur mon premier album et je suis complètement novice avec ce type de format ! C’est super flippant mais aussi super excitant ! Ce format est super différent d’un Ep qui peut avoir un côté un peu périssable parfois. L’album est plus intime dans son processus de création et je pense que ça peut rendre mes prods carrément plus touchantes !

J.N: Comment tu es arrivé à choisir ce format ?
A: Phred et Relatif me poussent depuis déjà pas mal de temps à ce format là et c’est aussi dû à des potes comme Julien (Danton Eeprom), Simon (de FRENCH 79), ou Mathieu (Kid Francescoli) qui bossent ce format là avec classe, pour eux comme pour d’autres artistes d’ailleurs. Et ce qui m’a vraiment séduit, c’est la liberté créative qu’ils développent au fil des tracks pour écrire une seul histoire plutôt cohérente à la fin, comme un bon film ! Tu vois…?!

J.N: Et tu préfères ?
A: Oui carrément ! Même si j’aime bien le format Ep pour des tracks plus House ou Techno, c’est vraiment différent en terme de travail. Il y a une période de production mais aussi de sacrifice qui est plus longue pour un Dj. Et c’est à ce moment que les potes sont aussi hyper importants d’un points vue artistique car ils ont ce regard extérieur, ce recul que tu perds de temps à autre à trop resté enfermer dans ton studio et qui te permet de faire évoluer et d’améliorer certaines choses.

« Nico a des influences musicales majeures qu’il n’avait pas encore exploité dans ses productions jusqu’ici. Sur l’album, il les laisse s’exprimer. »

Sara Zinger, 
à propos de l’album en préparation d’Amevcious. 

J.N: On peut parler de cet album ?
A: Pas encore trop mais mon idée est de le produire comme la bande originale d’un film. Une douzaine de titres qui laissent imaginer les images. Le scénario serait la musique.

J.N: Tu t’es inspiré de quoi ?
A: Ah, ah ! Je me suis imaginé juste un peu le film qui se déroule dans ma tête quasiment à chaque fois que je suis devant mes machines: Une course poursuite à Los Angeles dans les années 80 sur une toile musicale signée Giorgio Moroder. Ou je rêve qu’il fait toujours beau et que les chrome des Low Rider brillent comme des flash photo, les filles y sont permanentées et portent des bikinis hyper géométriques en écoutant de la musique synthétisée un Bloody Mary glacé à la main. La classe quoi !! Comme une nostalgie des 80’s que je n’ai pas vécu.

J.N: Quand je suis arrivé tu travaillais avec Sara Zinger pour un side project, tu peux nous raconté ?
A: Yes ! On a fait pas mal de Dj set ensemble ces deux dernières années et à la rentrée Relatif nous a proposé de bosser ensemble sur un projet qui nous a tout suite emballé avec une résidence à La dame Noir VII. On travaille sur l’ADN des nos Dj sets pour produire nos morceaux et notre live. Notre première date est prévue pour le 30 décembre 2016 à La dame Noir VII.

AMEVICIOUS EN 6 QUESTIONS

John: Noir ou blanc ?
Amevicious: Musicalement noir ces 2 dernières décennies et blanc pour sa brillance.

John: Burger ou salade ?
Amevicious: Je suis plutôt cuisine saine, donc salade !

John: Bar ou église ?
Amevicious: Bar dans l’église ?

John: Tu portes quoi pour un premier rendez-vous ?
Amevicious: Mon plus beau sweat !

John: Tu passerais une nuit avec ?
Amevicious: Thomas Banglater, Giorgio Moroder et John Carpenter dans un studio à faire quelque chose ensemble.

John: Ta devise ?
Amevicious: Vas-y ! Fonce ! Mon meilleur pote se reconnaitra !