INTERVIEW: LA BOOP’S SE LA JOUE OUHLALA

Stéphanie est une femme comme on s’en souvient. Elle marque. Ce petit bout de femme bouscule les codes et revendique une certaine féminité qui, on doit se l’avouer, se fait de plus en plus rare. Elle signe sa révolution photographique, La Boop’s. Si ce nom ne t’évoque rien, demande à tes amis, ils t’expliqueront. Tu l’as compris, je suis ultra fan de ses travaux. je l’ai rencontré et nous avons discuté autour d’un café d’elle, de ses travaux, de ses femmes et de son nouveau projet, le fanzine Ouhlala.

John Noa: Hello Stéphanie, ça va ?
Stéphanie: Ça va, ça vient et toi ?

On a commencé par parler de ses débuts. Stéphanie m’explique que suite à une rupture amoureuse difficile qu’elle s’est mise à la photographie. « Je pleurais dans ma salle de bain », m’explique-t-elle. « J’ai commencé à me prendre en photo dans le miroir au dessus du lavabo ». Ces selfies ont été un véritable exutoire. Il faut imaginer une femme aux cheveux bouclés, pleine d’énergie, avec une féminité assumée qui me raconte ce souvenir avec autant de pudeur que de force. La photographie était pour elle un projet personnel, centrée sur elle-même. La passion est arrivée après.

Il faut reconnaître que son univers ne peut laisser indifférent. Mélancolique, érotique, inconsciemment sombre, elle voue un culte au reflet dans le miroir, qu’elle met en scène régulièrement, comme un retour aux origines de ses clichés. Lorsque je lui pose la question de la place de la femme dans ses travaux, ses yeux s’illuminent. « J’aime la femme. Toutes les femmes sont belles et c’est ça que je met en avant ». Elle avoue ne pas être une féministe enragée et reconnaît la place de l’homme. Même s’ils ne font pas vraiment partie des projets artistiques de La Boop’s, elles les défend: « On les bouffe trop ! Ils ne savent plus où ils en sont ! »
Discrète, elle rend hommage à ses femmes en figeant sur du papier glacé des attitudes, des détails, des ambiances. Elle travaille chez elle mais aussi, souvent, chez ses modèles. Elle ne part pas avec une idée fixe. La Boop’s échange avec celles qui veulent prendre la pose. Elles discutent et c’est la photographe qui les guide. C’est ce qui permet ce regard très privé sur leur intimité. Qu’on soit amateur ou pas du genre, les clichés de La Boop’s ne gène pas. Ils interpellent. Qui sont ces femmes ? On veut en savoir plus.

Il y a quelques semaines, La Boop’s s’est mise au défi de lancer son propre fanzine. Et version papier uniquement « parce que je voulais qu’on puisse toucher les photos. Je voulais un objet. Et ça correspond bien à mon univers rétro ». Il ne sera donc pas diffusé sur le net. Ouhlala, interjection titre de ces dizaines de pages reliées, comme un gloussement rougissant devant un érotisme assumé, est un recueil de photographies, illustrations et textes. Le sujet, érotique, émoustillera certains, fascinera d’autres, mais ne laissera pas indifférent. Un nouvel Ouhlala sortira tous les trimestres et La Boop’s a choisi Le Phonographe, bar aux allures rétro et aux élixirs divins du centre ville de Marseille, pour fêter les lancements. Le prochain rendez-vous est pris pour début avril 2017. Le fanzine est concentré de collaborations avec des artistes et personnalités qu’elle apprécie: Alcaline pour sa très belle plume (et parce que c’est une femme de caractère), Vincent pour des photographie, La Vie La Pute pour des illustrations.

Bref, le numéro un est un premier plongeon dans l’univers très personnel de La Boop’s. Au fur et à mesure des pages, on a simplement d’en voir plus, d’en savoir plus. On ne veut pas voir arriver la dernière page. Je ne veux pas décrire Ouhlala, il faut simplement le posséder, se l’approprier, l’observer et le comprendre. J’ose revenir sur la place de l’homme dans sa vie. Cette femme ultra indépendante s’en est sortie toute seule. « L’Homme a sa place. Je le met juste en avant à ma manière ». Réponse qui donne à réfléchir. Lorsque je lui parle du film Cinquante Nuances de Grey, elle rit. Je m’allume une énième clope et je me rend compte que je pourrais l’écouter parler pendant des heures. La Boop’s est une artiste qui a des couilles.

Le numéro 2 du fanzine Ouhlala sera disponible début avril, 12€

www.facebook.com/lefanzinerotique

ouhlala.bigcartel.com

John: Noir ou blanc ?
La Boop’s: Noir !

John: Burger ou salade ?
La Boop’s: Salade !

John: Bar ou église ?
La Boop’s: Bar, tout le monde sait que je picole !

John: Tu portes quoi à un premier rendez-vous ?
La Boop’s: Un jean, un t-shirt, des escarpins et du rouge à lèvre.

John: Tu passerais une nuit avec …?
La Boop’s: Avec Juliette Lewis à boire des coups et à refaire le monde. J’aime ce qu’elle dégage, aussi trash que classe.

John: Ta devise ?
La Boop’s: Sors toi les doigts du cul et fais quelque chose !

Toutes les infos sur La Boop’s:

di-domenico-stephanie.format.com

www.facebook.com/laboops77

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