INTERVIEW THÉÂTRALE: JEAN LOUIS CASTELLANO-SERAFINO

Je suis tombé sur Jean Louis grâce à son Instagram. Images décalées, de lui, des autres, musicalement électronique, ses légendes courtes dénotent un cerveau qui fuse dans une lampe lave des années 70. Telle cette matière qui n’en fait qu’à sa tête, Jean Louis est le genre de personne dont on se rappelle. Encore en apprentissage, ce grand barbu d’à peine 22 ans a le théâtre en tête. Il bouffe les arts avec passion et s’en nourrit. La première fois que nous nous sommes rencontrés, il m’a parlé de mythologie, du collectif Métaphore, de licorne et de tatouages. Notre deuxième rencontre met l’accent sur sa mise en scène de la pièce Visage de Feu de Marius von Mayenburg présentée Mercredi 14 juin au théâtre de la Verrière à Aix en Provence.

John Noa: Hello Jean Louis, on est à quelques jours de la représentation. Comment ça va ?
Jean Louis: Salut ! Ça va plutôt pas mal. Les beaux jours sont là, le temps est bon, le ciel est bleu, nous n’avons rien à faire d’autre que d’être heureux.

J.N: Si on parlait un peu de toi…
J.L: Moi, c’est Jean-Louis Castellano-Serafino. Je suis étudiant en licence 3 d’Arts de la Scène et du Spectacle à AMU. J’aime la peinture de Bausch et la philosophie de Nietzsche, les poèmes de jeunesse de Pasolini, les dessins de Rembrandt, les sculptures de Rodin, la fête quand il y a beaucoup de bruit, les sourires des jolies filles, les pommes, les tomates, le fromage et le tiramisù, lire les Métamorphoses d’Ovide avant de dormir, aller au théâtre et au cinéma, filmer des escargots, rencontrer des gens plein d’humanité, et mon crâne est une pépinière à idées, mais je n’y ai toujours pas fait de jardinage.

J.N: Pourquoi avoir choisi d’adapter un texte de Marius von Mayenburg ?
J.L: Avant la licence Théâtre, j’étais en Lettres Modernes. J’avais un cours qui s’appelait « La figure du parasite au théâtre » et notre professeur nous avait demandé d’acheter la pièce Parasites de Mayenburg. Dans l’édition que je me suis procuré, il y avait aussi Visage de feu. À peine ai-je fini de lire Parasites que j’avais adoré que je commençai Visage de feu dont j’imaginais déjà de folles mises en scènes. Je me suis attaché aux personnages, à la trame, au style d’écriture de Marius von Mayenburg, à son humour désespérément noir et cynique. Alors quand je suis entré dans la formation théâtrale universitaire, j’ai décidé de faire de cette pièce mon grand étendard.

J.N: Quelques mots sur ta mise en scène de Visage de Feu ?
J.L: Avec mon atelier, nous avons, en début d’année, travaillé sur l’expression de la violence: violence du corps, du langage, de l’intention… Les personnages de Mayenburg ont un langage qui contraste avec leurs actions. Il n’est pas sans délicatesse, alors qu’eux même n’ont rien de bon. C’est comme ça qu’opère la violence qui les anime. Ils sont égoïstes, incestueux, ne s’aiment pas. Aussi, je dirais que ma mise en scène, c’est un peu comme se faire une coupure et au lieu d’aseptiser, c’est mettre du citron sur la plaie. J’ouvre la brèche de la violence, et au rythme de la pièce, au lieu de la panser et la soigner, je remue le couteau dedans.

J.N: La première aura donc lieu mercredi 14 juin à la Bibliothèque Méjane. On est prêt ?
J.L: Oui, on est prêt, on est au taquet ! J’ai hâte de voir ce que ça va donner et en même temps, quel stress ! Mais j’ai pleinement confiance en les comédiens. Ils sont investis, engagés, à l’écoute et en même temps très inventifs. Ils ont tous apporté leur pierre à l’édifice tout au long de l’année, et ce mercredi, ils vont tout donner, et s’amuser, j’en suis sûr. Je suis super content de leur travail et de leur investissement.

J.N: Et ce projet de monter une compagnie de théâtre ?
J.L: À voir selon les circonstances de l’an prochain ! À la rentrée, je prépare l’entrée en Cycle III d’Art Dramatique des conservatoires d’Aix-en-Provence, Marseille et Toulon. Je pense que milieu du premier semestre, je commence à poser la première pierre et je monte une asso. J’aimerais beaucoup monter une pièce qui s’intitule… Parasites, de M. von Mayenburg ! La love story continue…

J.N: Le mot de la fin ?
J.L: In girum imus nocte ecce et consumimur igni. Pour rester dans la thématique du feu, un hexamètre dactylique formant un palindrome attribué à Virgile. Je l’ai très vite associé à la pièce. C’est une phrase sur laquelle il faut méditer.

Visage de Feu de Marius von Mayenburg
Mise en scène de Jean Louis Castellano-Serafino
Théâtre de la Verrière
Aix en Provence
Mercredi 14 juin à 21h30
Entrée gratuite sur réservation

Toutes les infos:
www.facebook.com/events/431373473926085/

www.facebook.com/Pratik-TEATR

LES 5 ALLERS/RETOURS
ENTRE JOHN & JEAN LOUIS

1/ Noir ou blanc ?
Noir: Les ténèbres rassurants, la nuit du mystère, l’excitation de l’inconnu, le secret épicurien.

2/ Unicorn ou unicorne ?
I don’t give a shit. I prefer french word « licorne », you know ?

3/ Lady Gaga ou Amélie Nothomb ?
WOH WOH WOH WOH WOOOOOOOOOOH WOH OH OH WOH OH OH CAUGHT IN A BAD ROMAAAAAANCE

4/ Bar ou église ?
Église: Réflexion sur sa condition de tombeau de Dieu, beauté du chant de l’orgue sous la clé de voûte, rituel du bénitier pour ma grand mère,  lieu de tranquillité. C’est la pause spirituelle entre deux bars spiritueux.

5/ Maintenant ou plus tard ?
Plus tard c’est juste maintenant qu’on a décalé parce qu’on a un peu la flemme, non ?

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