WE ♡ CUBA – Cinquième jour à La Havane

Hier soir, les rideaux des fenêtres n’ont pas été fermés et je me réveille avec les rayons du soleil. Un coup d’œil à travers les vitres, je ne peux m’empêcher de remarquer la ligne de l’horizon. La mer est calme, l’air est doux. La journée s’annonce merveilleuse.

Après avoir littéralement englouti café, fruits et gâteaux, je file dans la salle de bain pour me préparer. Au passage, je presse tout le monde pour ne pas perdre une minute de cette journée sublime. Une petite heure suffit pour que nous soyons tous prêts. Quelques jours auparavant, nous avions repéré le Musée de l’Automobile. Nous décidons de le visiter. On prend la voiture pour y aller. On passe par le Malecon qui est très agréable en ce début de journée. Les vieilles rues du centre ville révèlent leur beauté.

Après avoir réglé les quelques CUC qui nous donneraient le droit d’entrée et de prendre des photos, on pénètre dans un immense garage à la décoration pauvre. C’est un immense hangar posé sur le port qui protège ses voitures du temps. On se balade entre 1925 et 1970 avec toutes ces merveilles qui nous rappellent un film, un livre ou une vieille carte postale. Chevrolet, Jaguar, Rolls Royce, Alfa Romeo, Ford, La Salle, Cadillac, Baby Lincoln, Ducati sont autant de noms luxueux qui défilent devant nos yeux. Dans certaines voitures, j’ai pu apercevoir des objets et affaires. Je me suis amusé à me demander si elles appartenaient aux propriétaires initiaux.

Ce musée rappelle que La Havane a été le Monaco américain pendant des années. Ce qui est aujourd’hui protégé par les murs de ce cocon était normal il y a plusieurs génération. Après cette balade dans le temps, nous nous sommes dirigés vers le quartier restauré. On se gare Plaza de San Fresco. Une petite fille donne à manger à des pigeon au pied d’une église désacralisée qui sert de salle de concert.

Les rues qui partent de cette place sont rythmées par les couleurs vives des bâtiments qui les bordent. On achète des arachides à une dame dans la rue avant de déboucher Plaza Vieja. L’influence espagnole est bien visible.

La rénovation des anciennes demeures bourgeoises a transformé la place en un décor de cinéma. On s’extasie, on photographie, on visite les vieux immeubles. On tombe par hasard sur le musée de la BD. À l’intérieur, il y a des chefs d’oeuvres en papier et des pièces en français, notamment des Tintin. L’entrée de la bâtisse est gardée par deux géants de cartons. Il y a un joli jardin d’intérieur bordé de murs sur lesquels reposent les extraits colorés ou pas de BD. Incroyable !

Pour rejoindre l’artère principale, la rue Obispo, on passe par des rues au point de vue sublime. Blanche, colorée ou bordée de plantes, elles sont toutes à photographier. On y découvre d’ailleurs de sublimes dessins, peintures, messages inscrits illégalement.

Ces véritables oeuvres donnent encore plus de cachet à ces décors. Voici un petit florilège de ce qu’on a pu apercevoir. L’entrée du salon de coiffure est simplement parfaite. On remarque de vraies références aux Etats-Unis malgré l’embargo.

Nous ne sommes pas loin de La Bodeguita del Medio. On décide donc d’aller y jeter en oeil. En chemin, on passe par une rue remplie d’artistes au travail et de tableaux multicolores. L’art est plus que présent à Cuba. On s’arrêtera dans une petite boutique tenue par deux jeunes filles très sympathiques. On repartira quelques minutes plus tard avec des maracas et un chapeau…

Arrivés devant La Bodeguita Del Medio, on reconnait l’endroit dans lequel Ernest Hemingway aurait passé de nombreuses journées. Il y a d’ailleurs encore son siège à la place où il avait l’habitude de s’assoir. Sur un des murs, il y aurait encore une inscription signée de la main de l’écrivain américain: « Mi mojito en la Bodeguita, my Daiquiri in El Floridita » ou « Mon mojito à la Bodeguita, mon Daiquiri à El Floridita ». Depuis, tous les gens qui passent par cet endroit ont prit l’habitude d’écrire quelque chose sur les murs. Cet endroit est aussi réputé car ce serait derrière son bar que le mojito aurait été créé en 1942, à l’ouverture.

On arrive finalement rue Obispo dans un restaurant animé par un groupe de musiciens qui chantent de la salsa. Langouste et riz noir pour tout le monde accompagnés de Piña Coloda. Un couple improvisé s’amuse à danser dans une des allées du restaurant. Nous rencontrons un Monsieur aux dents en or (enfin juste le dos des dents… difficile à expliquer. Il faut voir la photo !) qui parle français et qui est très grand…

Ensuite, nous nous sommes baladés sur le Prado. Cette vieille avenue, une des artères principales de la ville, est une pure merveille architecturale. L’allée centrale, bordée de bancs et de lampadaires des années 50, est un paradis pour les marcheurs. À l’ombre des arbres, on aperçoit des groupes animés par les cris d’une conversation enflammée, ou un groupe de jeunes skateurs qui s’essaient aux figures les plus simples. Le skate est arrivé il y a seulement quelques années sur le sol cubain.

On entend de la musique. On s’approche et on tombe sur un bal de personnes âgées. Plusieurs couples dansent au rythme calme de l’orchestre qui joue en live. On s’arrêtera quelques minutes pour les regarder et se retrouver dans un autre temps, celui de l’élégance, de la classe et de la bienséance. Les hommes sont en chemise et les dames portent la robe ou la jupe. Elles ont un éventail à la main. C’est tellement beau qu’on ne résiste pas à l’envie de photographier cette incroyable scène.

On retrouve la voiture mais il est encore tôt. On décide de se rendre de l’autre côté de la baie pour voir de plus près le Christ qui la surplombe. Passage obligé par le Malecon, on dépassera le Capitole (réplique identique de celui de Washington à quelques centimètres près). On traversera la baie grâce à un tunnel.  Au pied de l’immense statut de Jesus, ce sera le moment de la pause à l’ombre avec le jus d’une noix de coco fraiche. On immortalise le paysage panoramique qui s’offre à nous.

De retour à la maison, on boit des verres de rhum et jus de fruits tropicaux en guise d’apéritif. La fraîcheur des fenêtres ouvertes et la lumière chaude de la terrasse de l’appartement annonce une jolie soirée.

On ira finalement dîner dans un restaurant barbecue. Non loin de notre appartement, on se retrouve dans un espace en étage dans un décor surchargé, kitsch mais tellement typique. La télévision au dessus du bar crache ses clips. On peut fumer en mangeant. C’est vraiment une autre époque.

Crédit photos: © John Noa – Les Garçons en Ligne

Les Garçons en Ligne

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